Les joies et projets de Benoît Huot
Athlète de la semaine sportcom
Montréal, 13 septembre 2012 (Sportcom) – L’athlète Sportcom de la semaine a vécu des Jeux de Londres à la hauteur de ses attentes, ce qui lui a valu de porter le drapeau canadien à la cérémonie de clôture du rendez-vous paralympique. Trois médailles, une de chaque couleur, un record du monde de même que deux marques personnelles, le tout en quatre courses, Benoit Huot pouvait difficilement espérer mieux.

Benoit Huot a vécu une fin de Jeux paralympiques
forte en émotions à Londres.
Porter l’unifolié a été un privilège pour le paranageur, qui flotte encore sur un nuage quelques jours après la fin de son périple londonien. « C’est le genre d’honneur qui arrive une fois dans une vie. »
« Il y avait au moins cinq ou six athlètes de l’équipe canadienne qui auraient pu être choisis », précise-t-il, avançant les noms de Summer Mortimer, Valérie Grand’Maison, Michelle Stilwell et Patrick Anderson. « J’ai été l’heureux élu et j’ai été extrêmement honoré. »
« Il y a tellement de belles performances, mais tu peux juste retenir un athlète... »
Le Longeuillois ne s’en cache pas, ses réalisations passées ont joué en sa faveur.
« J’ai le sentiment que (j’ai été choisi) pas juste pour Londres, mais aussi pour Sydney, Athènes et Pékin, ma carrière dans son ensemble et mon engagement à faire la promotion du mouvement paralympique. »
« Je me suis donné corps et âme, non seulement dans la piscine, mais aussi à l’extérieur, pour que nous soyons reconnus, que nous fassions et que nous ayons notre place. Ça fait 15 ans que je le fais et je n’arrêterai pas. »
Euphorique et fébrile était Benoit avant de faire son entrée dans le stade. Entouré des autres porteurs, il l’était encore plus après qu’ils aient reçu les félicitations du célèbre groupe rock britannique Coldplay.
« Ils nous ont dit : Congratulations, we are realy proud of you and let the show begins. »
« J’ai pris une grande respiration et je me suis rappelé de savourer le moment », souligne le Québécois, qui a marché sous la clameur de la foule à partir de la septième minute de la cérémonie de clôture.
« J’ai levé le drapeau le plus haut que je pouvais et je l’ai brandi fièrement. »
Confiant et craintif
Aux Jeux, l’athlète de catégorie S10 s’est imposé au 200 m quatre nages, s’appropriant le record mondial, s’est classé deuxième du 400 m libre et a récolté la médaille de bronze au 100 m dos.
Il a amélioré ses marques personnelles à chacune de ces épreuves. Au 100 m libre, où a fini quatrième, il a conclu à seulement 10 centièmes de seconde de son meilleur temps.
« Les gens pensaient que j’étais déçu de ma quatrième place, mais j’étais assez loin du troisième rang (+55 centièmes). Je savais que ça allait être difficile d’être sur le podium. J’aurais seulement aimé battre mon record pour pouvoir dire que j’ai eu une compétition parfaite. »
C’est sans surprise que Benoit a réussi les meilleures prestations de sa carrière, à 28 ans.
« Je venais de connaître quatre belles années. Tout allait bien à l’entraînement et en compétition. J’étais donc confiant que je serais capable de réussir mes meilleurs chronos. »
Seule ombre au tableau, ses « contre-performances » des Jeux de Pékin. Grand favori pour tout rafler, il avait dû se contenter de quatre médailles de bronze en raison notamment d’ennuis de santé.
« Je n’étais juste pas moi-même, j’étais vulnérable. Malgré mes quatre médailles de bronze, ç’a été la pire compétition de ma vie, émotionnellement, physiquement et mentalement. »
« (À Londres), j’avais une crainte que les choses n’aillent pas bien comme en 2008, admet-il. Mais dès les préliminaires du 200 m quatre nages, j’ai fait un temps correct et j’étais classé premier. Je savais déjà que ce ne serait pas comme à Pékin. »
« Ç’a fait du bien, pas seulement à moi, mais également à ma famille, mes entraîneurs, mon entourage, l’équipe canadienne. Personne ne me le disait, mais je sentais qu’il y avait des inquiétudes. »
Finalement, les Jeux de 2008 auront été un mal pour un bien pour le Longueuillois. « Je n’aurais pas fait ce que j’ai fait à Londres sans ce qui s’est passé à Pékin. J’ai beaucoup plus appris à Pékin qu’à mes trois autres Jeux paralympiques. »
Déjà des offres
Benoit s’accordera maintenant quelques semaines de vacances avant d’enfiler de nouveau son maillot. Son temps de repos lui permettra également de réfléchir à la suite des choses.
« C’est sûr que je vais revenir dans la piscine! Quand dans les prochaines semaines? Je ne le sais pas », avoue celui qui, selon le cliché sportif consacré, « prendra ça une année à la fois ».
« À court terme, mon objectif est de finir mes études. Il me reste cinq cours à faire à l’UQÀM pour avoir mon baccalauréat », confirme l’étudiant en communication et administration.
Déjà, de potentiels employeurs à la télévision et à la radio lui ont fait de l’œil.
« J’ai eu de belles occasions avant Londres, mais ce n’était pas le bon moment. Je voulais profiter à 100 milles à l’heure de la chance que j’avais d’être au sommet de ma forme et de représenter mon pays sur la scène internationale. »
« Je ne suis pas certain que je sois rendu là encore. Être analyste, animateur, chroniqueur ou journaliste, je ne veux pas prendre ça à la légère. Ce sont des professionnels qui font ces métiers. »
« De plus, je veux rester connecté avec le sport, le mouvement paralympique en particulier. J’ai vraiment le sentiment que j’ai une mission de partager ce que sont les sports paralympiques. »
Avant de commencer une nouvelle carrière, le Québécois aimerait participer aux championnats du monde de paranation, qui auront lieu au Canada, peut-être même à Montréal, en 2013.
Il parle également de vivre l’expérience de jeux multisport à la maison, lors des Jeux parapanaméricains de Toronto, en 2015.
Et les Jeux de 2016? « Je ne me pointerai pas à Rio en n’étant pas en forme. Ce n’est pas moi. »
Parions que s’il nage à Toronto en 2015, Benoit le fera également au Brésil en 2016...
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